Bienvenue dans le nouveau concept du musée de la ville de Montélimar

Depuis plusieurs années, lorsque l’on évoquait le nom du musée de la ville de Montélimar , on pensait immédiatement à celui de la miniature.

Le musée labellisé Musée de France était doté d’une belle et rare collection réputée par les fins connaisseurs.

La nouvelle équipe municipale a décidé de changer de cap et de réorganiser le musée de la ville de Montélimar en offrant un nouveau concept. C’est maintenant un joli écrin, la chapelle de l’ancien l’hôpital montilien, qui reçoit des compagnies invitées. Et pour inaugurer cette nouvelle direction choisie, c’est la compagnie Émilie Valantin qui a reçu sa carte d’invitation pour investir les lieux durant 3 années renouvelables !

Avant de vous donner un aperçu de ce que vous allez découvrir au musée de la ville de Montélimar, sans vous spoiler la visite bien sûr, permettez-moi de me présenter afin que vous sachiez qui vous parle !
Je suis Anne-Cécile la créatrice du blog La Montilienne qui offre un regard sur la ville de Montélimar et ses alentours. Il a pour mission de mettre en valeur les initiatives novatrices, atypiques et ambitieuses de la Drôme. J’ai grand plaisir à rédiger certains articles du blog de l’Office de Tourisme de Montélimar-Agglomération, dont celui-ci.

I Des marionnettes investissent les lieux !

A – Une histoire d’amour avec Montélimar

La compagnie de marionnettes a été créée en 1975 à Montélimar, elle s’appelait alors le Théâtre du Fust, nom du quartier montilien qui l’a vue naitre.

Elle prospère, et fait ses débuts au théâtre de Montélimar et au château des Adhémar. Elle change plusieurs fois de lieu, jusqu’à s’installer dans l’ancien couvent des Carmes, ensuite maison de retraite, maintenant devenu espace culturel des Carmes.

Ce lieu avait été rénové pour accueillir la compagnie, avec des ateliers, une salle de spectacle et un lieu d’exposition permanente. La compagnie portait alors artistiquement le nom de la ville. Une idylle… artistique… mais comme souvent les histoires d’amour sont houleuses…

Ainsi, en 2009, l’ancienne équipe municipale décide que la compagnie ne correspond plus à la ligne culturelle défendue. Celle qui jouait alors à la Comédie Française se retrouve sans domicile fixe ! C’est la ville ardéchoise voisine, Le Teil, qui lui ouvre grand ses bras en lui offrant d’investir une friche. La ministre de la Culture de l’époque débloque une dotation exceptionnelle pour assurer le réaménagement de la compagnie dans ses nouveaux locaux.

Le nouveau lieu ainsi créé au Teil est un outil de travail complet, rare en Europe, avec 3 ateliers bien spécifiques (chimie/modelage, construction bois/petit métal, couture), un centre de documentation, une salle de répétition publique. Un lieu qui permet aussi l’accueil de compagnies invitées en résidence.

Mais cela aurait été dommage qu’une longue histoire d’amour avec Montélimar se termine ainsi. C’est sans doute ce qu’a voulu signifier la nouvelle équipe municipale lorsqu’elle a décidé d’inviter la compagnie Émilie Valantin à investir pour 3 ans le musée de la ville.
Il n’est évidemment pas possible de reprendre l’histoire d’amour là où elle s’était arrêtée en 2009, et il parait astucieux et reconnaissant, que Montélimar, en tant que ville natale de la Compagnie, retisse des liens avec elle !

C’est donc avec surprise et bonheur qu’Émilie Valantin a reçu l’invitation de la ville !

B – L’essence de la compagnie

Les arts de la marionnette sont universels et existent depuis des siècles, sur tous les continents. Cet art exigeant et inventif n’a cessé de se renouveler et de s’ouvrir aux autres formes artistiques. À tel point que les théâtres de marionnettes constituent souvent un laboratoire de renouveau pour le théâtre et les arts du spectacle en général.

Malgré l’évolution des modes culturelles, dont l’univers de la marionnette n’est pas exempt, la compagnie Émilie Valantin est fière d’avoir su rester fidèle à son esprit et à ses valeurs de départ. Ce qui en fait aujourd’hui son succès et sa réputation ! Elle défend un certain sens du beau et de l’esthétisme, un savoir-faire traditionnel et ancestral.

La compagnie agit comme une piqûre de rappel de notre mémoire collective, en créant ses spectacles en rapport avec des contes traditionnels, des œuvres classiques ou mythologiques. Comme un gardien fidèle qui honore et assume notre passé commun.

Elle a cependant aussi, et avec maîtrise, adapté des textes contemporains. On notera le spectacle sur la philosophie contemporaine de Clément Rosset que certain montilien ont pu apprécier lorsque la compagnie était encore en ville. Mais, c’est avec plaisir qu’elle se tourne très régulièrement vers des œuvres de Répertoire.

Ainsi, si vous trouvez quelques aspects contemporains à la compagnie, ce sera dans sa scénographie !

« En l’état actuel des choses, l’urgence n’est pas de faire “rêver”, mais de faire réfléchir. Toute “poésie” émanant de notre travail serait indépendante de notre volonté. » Émilie Valantin

II – Une exposition familiale et grand public

La ville de Montélimar a donné carte blanche, ou presque, à la compagnie. Il y avait cependant 2 contraintes à prendre en compte :

  • Contrainte technique : le lieu étant une ancienne chapelle réhabilitée et agrémentée d’une imposante structure métallique s’organisant sur 3 niveaux.
  • Contrainte de fond : l’exposition se devait d’être « familiale », et pouvoir être appréciée par tous, quel que soit l’âge.

La compagnie a donc choisi 3 contes, ce qui permet plusieurs niveaux de lecture, et a donné le titre de l’exposition : la marionnette conte aussi.

Elle a utilisé la structure métallique en l’intégrant dans sa scénographie pour un résultat élégant et surprenant.

A – Pour l’adulte qui se trouve en chaque enfant

George Sand disait : « La marionnette amuse les enfants et les gens d’esprit ». Ainsi, Émilie Valantin a voulu parler à la personne d’esprit, l’adulte, qui sommeille en chaque enfant.
Oui oui, vous avez bien lu ! Je trouve cette formule très intéressante ! En effet, arrêtons de vouloir sans cesse édulcorer les choses, en imaginant se mettre à la hauteur d’un enfant. C’est de l’infanthéisme que d’appauvrir ainsi les enfants ! Aurions-nous oublié que nous en avons été un aussi ?! Chaque enfant est parfaitement capable de comprendre, à sa manière, les choses, sans que l’on ait besoin de les abaisser à un niveau moindre. Laissons-les plutôt s’élever ! Cette exposition n’est donc pas enfantine, elle laisse la place à chaque membre d’une même famille de comprendre ce qu’il a à comprendre.

Cela m’amène à vous présenter une exposition pas aussi lisse que ce que vous auriez pu imaginer !

B – Une exposition pas aussi lisse qu’elle parait

Comme la compagnie l’affirme sur son site, « la marionnette n’est pas pour les enfants. Quoique… ». On associe généralement le mot marionnette à l’enfance, mais c’est mal connaître cet art ! Les marionnettes sont un moyen ancestral de libérer l’esprit critique, de libérer la parole entravée, de parodier la société, de faire passer des messages forts de manière détournée, en employant l’humour et la satire, parfois même l’insolence et la fourberie.

« En plus petit, le monde prête à rire (…) la marionnette absorbe et survit aux modes et aux technologies… de religion, elle garde le folklore. Elle peut se colorer des idéologies que l’histoire estompe en temps voulu. Elle paraît se soumettre, mais n’en pense pas moins… Si vous aimez la nuance, c’est votre amie… » Émilie Valantin

La compagnie a fait le choix de présenter 3 contes qui nous questionnent sur de grands sujets de société, comme la beauté et l’intelligence avec Seigneur Riquet et Maitre Haydn, la place, le rôle et la dignité de la femme avec Ariane et Barbe-Bleue, et la place de la nature avec l’Histoire de Mélampous.

III Une exposition qui plait

A – Des retours chaleureux

L’ouverture est assez récente, juillet 2021, et l’exposition reçoit déjà de très beaux retours. « Subtile » et « belle » : il faut dire que la scénographie élégante et originale ne laisse pas insensible ! Les costumes des marionnettes sont de véritables œuvres d’art de passementerie. Cette exposition apparait comme un témoignage d’un savoir-faire qui a tendance à se perdre. De plus, les Montiliens sont très heureux de renouer avec la compagnie qu’ils ont vu naitre.

Il est vrai qu’il est difficile de présenter du spectacle vivant dans une exposition figée, mais des écrans diffusent des extraits des spectacles, ce qui permet d’apprécier en action les marionnettes présentées. Il y a également des ateliers de manipulation sur demande.

B- Ce n’est qu’un début.

En effet, la ville et la compagnie sont en train de plancher sur un programme de médiation culturelle autour de l’exposition. Je ne peux rien dévoiler, mais l’imagination débordante d’Émilie Valantin promet de belles surprises ! Vous en saurez plus très bientôt, restez connectés !

De plus, cette exposition ne présente qu’une infime partie de ce que propose la compagnie, il est donc possible que la présentation tourne.

Enfin, cette exposition apparait comme expérimentale. L’idée est de voir comment réagit le public montilien à l’art de la marionnette. Cela permettra de donner peut-être quelques idées à Montélimar quant à son orientation et à son identité culturelle

Ce qui est sûr, c’est qu’elle signifie ici clairement sa volonté d’offrir une plus large place au spectacle vivant et notamment aux compagnies professionnelles.

 

Je ne doute pas qu’à la lecture de cet article, vous aurez envie de découvrir par vous même cette magnifique exposition, alors voici ci-dessous les informations pratiques. N’hésitez pas à faire un retour ici, l’office de tourisme de Montélimar sera ravi de récolter vos impressions !

Avant de vous laisser, permettez-moi de devancer une juste observation à laquelle vous pensez maintenant !

Non, vous n’allez pas rester sur votre faim à la suite à votre visite à cette exposition, car… vous irez au théâtre de Montélimar réserver votre place pour apprécier la nouvelle création de la compagnie : Hamlet Manipulé(e) !! Le 17 décembre 2021…

 

Informations pratiques :

La marionnette conte aussi

Exposition de la compagnie Émilie Valantin

Jusqu’au 30 septembre 2022.

Musée de la ville de Montélimar

19 rue Pierre Julien

04 75 53 79 24

Du mardi au dimanche de 11 h à 18 h